vendredi 24 décembre 2010

Noêl

À Noël je suis les orphelins de Dickens
Ruelle sombre de Londres
Pauvre vieille assise dedans son escalier
Clochard sur son parking
Vieux chien déguenillé

Buche au beurre de chocolat
Laisse-moi dormir dans tes bras !
Gavroche, tu sens bon le tabac
Et ton rire résonne agile dans le froid
Je t’aime tu vois !
Cisèle ta pipe à mon couteau
À Noël, le feu craquèle chez Monsieur Hugo

Une odeur de marron brûlé frotte à mon nez qui pique
Les chaussons alignés dorment et la graisse d’oie frissonne
À la tête d’une pléiade de cousins, j’allais enturbanné de mon rôle d’aîné
Conteur très orphelin d’aventures épiques
Dans la grande chambre dormaient mille enfants
Je n’y dormais jamais vraiment ou que d’un œil, le cœur battant
Mais j’étais vraiment orphelin dans le sommeil ivre de ma mère
Noël sentait le camphre, l’orange cloutée de girofle, la rose verte d’hiver

Mamie debout dans son immense chemise de nuit, cheveu défait, sans sa poupée
La petite fille devenue grand-mère
Restait en retrait, papillotes défaites, papier coloré, arraché, blagues idiotes, piano claudiquant
Et le Monde entier mourait dans la guirlande clignotante

Enfance tuée à coups de récompenses

À Noël je suis les cousins échappés
Dans la grande sente où cavalent les chiens
Je fonce dans la nuit, un roman à la main
Solstice où le jour s’ajuste à la nuit envahissante
Sauras-tu parler de mon enfance vagissante
À Noël, j’étais orphelin dans les chansons sinistres
Mais j’étais déjà libre et je t’aimais dans ton demain
Gavroche à la fleur douce, ta bouche me sauve
Ton cœur d’oiseau palpite et me métamorphose