samedi 3 juillet 2010

Laurent Terzieff

Qui sommes- nous pour vous survivre, poètes disparus ?
Qui sommes-nous pour vous survivre résistants, combattants aux mains nues ?

S'il faut au Monde des raisons,
Ne cédons rien car il nous faut
La poésie par-dessus tout

Je veux marcher dans ce sillon
Tragique et merveilleux
Giono ou le chant d'Aragon
Gérard Philippe, Laurent Terzieff

La poésie ouvre ses biefs
Arthur Rimbaud, Paul Eluard
Je chemine ici au hasard
La tête prise de trop de vin
Je suis triste je ne deviens rien
Sous vos étoiles incandescentes
Je marche avec ma vieille enfance
S'il faut un Dieu qu'il soit le verbe
Le paysan roule sa gerbe
Et le poète nous fait les mots
Son chant tragique nous rend beaux
Et si petits, nous petits hommes
Éclairés de la métaphore
Ce qui ne nous tue, nous rend forts
Qui sommes-nous pour te survivre ?
Toi disparu un deux juillet
Sous la canicule du geste
Brûle une dictature molle
La charrette couverte de fleurs
Je ne sais t'offrir que mes pleurs
Poète qui écrit en cachette
Sous le ridicule humble et pauvre
Ta chambre sous les toits s'assèche
Ton parfum crisse sous les roses
Un marbre dur clôt la mémoire
D'un monde vaniteux sans histoire
Qui n'ose les chemins de traverse
Le comédien encore se dresse

Cette nuit- là mourut Terzieff…

2/06/10