lundi 24 mai 2010

à F

La fenêtre ouverte sur le jardin, feuilles vertes au pommier
Babil d’enfant, insectes, chants d’oiseaux, rumeur du torrent
La voix d’une femme qui peut être pend du linge patiemment
Un pas d’homme qui traverse l’allée de gravier
Puis reprend l’enfant qui voudrait qu’on le regarde
Et comme l’enfant est beau et solitaire dans la bulle de ses jeux
Et comme sa réponse à la mère est presque douloureuse
Matin d’enfant dans le jardin de mon enfance amoureuse

Allongé dans la chambre, j’écoute et je rêve de ton sourire
Un peu de sable dans les draps, un goût de sel pourtant
Je flotte, je rêvasse, je galège avec l’espoir de ta peau sous le vent
Je ne suis pas encore allé regarder l’océan
Je rêvasse au dessin parfumé de ta peau, ton nombril
Il fait un soleil d’été, mais quelle saison dois- je vivre ?
Il faut du temps à l’horloge des mots, je suis juste avant
J’écoute, mais je n’entends pas mon propre coeur
J’attends que tu viennes, me délivres et que je te donne ma force
Celle puisée dans ma mémoire, dans mon savoir, dans mes saveurs
La courbure prochaine de tes hanches, amour violoncelle, lueur

Voix mêlées dans le jardin, si vous pouviez laisser l’enfant jouer
Si tu voulais te rapprocher de moi, ma bouche est douce
Tes jambes longues me font voyager
Tu es dans la bulle de tes songes, je n’ose pas souffler
Ni te toucher, ni t’espérer, petite frousse
Que tu ne restes pas, sur l’herbe fraîche du jardin
Nous descendrons à l’ombre, ta tête sur mes genoux
Tes longues jambes interminables
L’air sera doux