samedi 26 décembre 2009

retrouvailles

Quelques semaines au loin, les trottoirs de la ville et les cris de la modernité.
Et puis, le jour de Noël, retrouvailles sous ton soleil, ton écume.
Cheval dansant au bord de l'eau.
Char à voile traçant sa course rectiligne dans la lumière.
Oiseaux regroupés sur le miroir de la marée montante.
Nuages des peintres, dunes découpées.
Alors la chanson est revenue en moi...
J'habite ici, sur cette plage immense.
Je vous aime gens que j'ai aimés, peuple d'amis émouvants, amour devant, bestioles à Bon Dieu
Marin sans bateau,
Ma maison et son piano désaccordé, mes chansons, mes gâteaux au beurre
Les fleurs nues au coeur de l'hiver
Je fais mon printemps à Noël
Le vieil arbre bourgeonne encore
Sur la plage, dans mon petit bonheur, j'ai laissé une nouvelle fois l'eau me mouiller les pieds
Elle était fraiche et prometteuse
Rieuse et neuve
J'aime quand les vagues me lèchent les pieds
Je suis en impatience de ton petit coeur, tige fraîche et tendre
A quatre heures, la lumière est déjà oblique.

samedi 7 novembre 2009

marcheur

Face à l'océan, il dit : je suis marcheur.
Le sentier des douaniers est ma seule limite.
La contrebande du coeur.
Prisonnier de la terre.
Je ne suis pas marin.
Je ne saurais pas faire autrement qu'entrer lourdement dans l'eau.
Et me taire.

lundi 26 octobre 2009

Au détour

C'est toujours la même émotion, lorsqu'au détour de la route, après avoir franchi la dune ou la falaise, descendu la vallée ou tourné dans les collines, tu étends ton drap dans le ciel et qu'il s'en décroche soudainement...
Tu es là et tu es la même surprise, la même nudité qui aimante mon regard et mon désir.
Te voir c'est te chercher, c'est vouloir aller vers toi. Océan.
Je te regarde et interroge ta couleur, comme j'interrogerais ton humeur au Monde.
Objet vivant.
Es tu calme ou apaisé ?
Ta force tient le paysage et tu es aussi doux que tu es fort, aussi lumineux que sombre, aussi fidèle que libre, aussi éloigné et porteur de voyages, que maternel et protecteur avec tes baisers de bruine et ton haleine chaude.
A chaque fois, c'est la même émotion et je veux écouter ce que tu as à me dire.
Puisque tu parles dans le paysage.
Et que nous sommes tes enfants.

dimanche 23 août 2009

aux grandes marées

aux grandes marées
d'été,
les marais
inondés
je t'ai perdu
dans les fondrières
que l'eau
efface mon orgueil sous le soleil

la vague
me tire et me mène
chevilles ensablées
aux grandes marées
j'ai le coeur
lavé

un jour
je comprendrai l'attraction,
le flux et le reflux
marées de vives eaux
perte et renouveau

à l'orée des grands fleuves
se posent les oiseaux

ton visage
me reste caché
Lune
magnétique et sombre
aux grandes marées
je suis
déboussolé

samedi 22 août 2009

juste après

Table défaite, les invités sont partis
La plage de nouveau seule me regarde
Et je la regarde sans vous
Chacun reprend sa route et son histoire
Je range mais je voudrais bien encore un peu de votre désordre bavard
Je suis celui qui reste

vendredi 14 août 2009

le hérisson

Je ne savais pas qu'une fois sauvé le jeune hérisson pousserait un tel cri de joie...
Qui imaginerait que le taciturne et farouche animal saurait ainsi s'exprimer ?

samedi 1 août 2009

cheval de mer

La cavalière sur la plage a fait danser son cheval au bord de l'eau...
Un homme nu avançait dans les vagues.

mercredi 8 juillet 2009

achèvement

Trop de beauté m'achève.
Je voudrais savoir me fondre dans le paysage.
La bruyère violette.
Les bleus incendiaires de l'Océan.
La mousse en bas sur les rochers.
A cent dix mètres sur la falaise, entre le ciel et l'eau.
Je ne suis plus que lumière et couleur.
Me fondre dans le paysage.
Vous ne comprendrez pas.
Je suis là, absent au Monde des hommes.
Disparu dans l'étincelle du Soleil.

jeudi 28 mai 2009

vous ne me verriez plus

Je suis caché sous le sable de la mémoire
Reptile ou crabe, mon domicile c'est ici
Vous ne me verriez plus
Crissement des grains
Paupières closes
Soleil gelé
Je suis sourd
Dans mes oreilles crisse ma prochaine fin

samedi 9 mai 2009

la nuit

Quand le soir tombe, juste après les oiseaux, j'entends quelque part, un cheval rire derrière les arbres.

jeudi 9 avril 2009

le jardin fou

Je suis à ton désordre gentil jardin. Je préserve les fougères, la mauvaise herbe, les petites fleurs bleues. Je guette l'éclosion, le bourdon, l'oiseau bavard. Il faut te laisser improviser. Les primevères ont déjà sauté dans la pelouse et le lierre s'étend langoureux. Je voudrais savoir nommer ces dentelles de feuilles, ces tiges enroulées, dépliées, ces soies de feuilles, ces pétales mordorés, ces dessins qui recouvrent chaque espace... La terrasse entre ses pierres et c'est une tige qui pousse. Contre cet arbre la mousse... Et les trilles des oiseaux donnent à ce petit espace la magie d'une dimension infinie où je creuse mon désir. Amoureuse fusion avec la profusion nourricière. Sous la protection du saule qui reverdit je suis délicieusement seul et heureux, délicieusement amoureux du Monde et de ces mains qui m'appellent déjà...

vendredi 13 mars 2009

à marée basse

La nuit à marée basse, je me réveille
L'aimant de mon amant l'Océan m'attire et me tire
Hors du lit des rêves
L'océan mêle le sang des morts
De tous mes morts accumulés
M'entraine
Palme maternelle d'eau et de sel
Etreinte ultime d'un désir fatal à ma promesse
J'irai mourir debout dans l'eau au petit jour
Je marcherai vers les fonds marins
Vers une Amérique impossible

Ou bien
Sous le croissant d'argent,
Sur la plage immense
Je resterai là parce que ta main revenue
Retiendra la mienne du chant des sinistres sirènes

Et ce qui fait peur deviendra beau
Nos doigts mêlés
Ton sourire mouillé
Nous rentrerons à la maison
Au chaud dans nos "je t'aime"

mercredi 11 mars 2009

aux grandes marées

Aux grandes marées je suis énervé
Comme un gamin à la veille de Noël
Mon coefficient de tendresse jubile
Aux vagues éclatées sur la Pointe de la Torche

Par l'Odet l'eau remonte et déborde
Comme le sang, de joie, noie mon coeur
Que croyez-vous que mon âme transporte ?
La mer ramène mes chavirés, mes marins, mes cordages brisés
Ma vie remonte par mes veines et le sel pique ma mémoire
Je suis mouillé, je suis rincé, je suis trempé sur mon rocher
Face au soleil, à la claque du vent, au vertige de la lame
Je suis debout dans mon désordre, enfin prêt
A l'amour

dimanche 1 mars 2009

Aimant l'océan

Une plage immense, le vent solaire, la baie ouvre son ventre à Plovan
La dernière plage de février a les jambes si douces
Je pourrais entrer dans l'eau et marcher devant
Tu me lèches le coeur, marée montante, à petites lampées
L'immensité et la douceur me font une douleur
Je pourrais avancer droit dans les vagues mousseuses
Sous les pieds le sable est dur et doux
Fermeté de la certitude et du voyage
J'ai trouvé abandonnés sur la plage
Un filet aux mailles fragiles
Une amarre rompue
Le soleil inondait mes yeux
Et le sel y faisait de petites larmes
Il ne faudrait jamais marcher au bord de l'océan
Sans la main serrée d'un amoureux dans la sienne

samedi 21 février 2009

le chant des oiseaux

A la fête multiple du chant des oiseaux,
Je fus réveillé ce matin.

Le ciel laiteux dressait son drap, légèrement violacé.
Juste un peu d'encre, à peine, non, moins que cela...

En basse continue, le torrent bouillonnait...
La marée sera bientôt basse...
Il se calme...

Et les oiseaux déjà tous présents au grand concert, chants renvoyés
Trilles, pépiements, jacassements...

Qui gazouille, zinzinule,
Qui siffle devant, rappelle ici, coucoule ses trilles ?
Et cela graille, jacasse...
Soudain, un nouveau convive improvise devant les autres
Tous convoqués à la jolie fête
Tous courageusement, joyeusement
Osent et se lancent
Dans un désordre magiquement harmonieux...

J'ai ouvert la fenêtre
Et la fraicheur est entrée
Et je ne me lasse pas de ce bonheur
De ces annonces, de ces réponses, de ces échos
La vie passe d'arbre en arbre, son message, sa promesse...

Et j'ai pris soudain ma gorgée d'insouciance, ma première vacance depuis des siècles...

De naïveté feinte, gente plumée, j'appartiens à vos chants,
Je les bois avant mon premier thé
Mais que puis-je vous offrir en échange ?

dimanche 15 février 2009

marcher dans l'eau

Au jardin, la flaque luisante
Un crapaud doré veille mou et silencieux
L'hiver retient son souffle
Je ne sais pas si je désire encore le printemps
J'ai les pieds dans la boue noueuse et froide
Où sont les oiseaux ce matin ?