samedi 23 août 2008

Visiteurs

Celle là, c'est l'araignée aux longues pattes, crispée en haut du mur. Je n'ose pas la déloger. Elle prend ses grand airs.
Une heure avant une toute petite avait dare dare remonté son fil à la fenêtre de la chambre.
Sur le plancher ensoleillé de l'après-midi, un papillon isocèle, au ventre rouge, s'est immobilisé.
Il lui a fallu du temps pour accepter l'escapade de la fenêtre.
Hier, dans le cellier un escargot avait entrepris de remonter le chambranle de la porte.
Et puis ce soir, toi, petit crapaud doré tu t'étais caché juste au coin de la porte d'entrée.
C'est tout un peuple qui vient à moi...
Et les chats traversent le jardin...

mercredi 20 août 2008

la fête

La guêpe goulue, ivre, la tête entière dans la pomme au sol,indécente, avide, sans retenue, disparait dans le fruit, monstrueuse dans son bonheur. Et la pomme ouverte dans l'herbe, reste sans défense.

dimanche 17 août 2008

Cette fois-ci

Maintenant tu es la seule Maison.
Tu ne m'appartiens pas, de quel droit m'appartiendrais-tu ?
Je te serai mieux fidèle puisque nous nous sommes choisis dans cette bonne alliance libre.
J'ai divorcé de Paris, non pas sans scrupules, non pas sans nostalgie, mais j'ai déroulé le ruban de l'autoroute avec résolution.
Il y avait dans les immenses boutiques à essence, des familles désespérantes avec des enfants trépidants qui hurlaient et réclamaient dans des "encore" assourdissants.
Arrivé à Lorient, la douche du ciel est venue laver la voiture et mes yeux. L'auto a trouvé seule son chemin, broutant l'herbe, méthodique.
Tu étais un peu froide et humide Maison, m'accueillant avec la distance qui convient aux délaissées en reproche. Mais c'était pour le déménagement, comprends- moi.
Ta bouderie fut de courte durée. Au jardin tout avait poussé.
Surtout, une rose si rose, joyeuse et mouillée, bavarde comme une enfant de douze ans, un peu ébouriffée, venait taper au carreau du bureau.
Dans le garage, des capucines échappées du jardin d'à côté s'étaient infiltrées, envoyant leur persuasif clin d'oeil orange...
J'essaie d'écrire, mais mon regard est happé par le jardin : les oiseaux qui picorent les pommes trop hautes, l'araignée qui a su tisser sa toile entre deux buissons franchissant un espace immense dans un saut de cinéma, la grosse guêpe bourrue plongée dans un fruit, avide et ivre ; partout la profusion d'herbe, de trèfles et de rosée, la lumière.
Cette fois, je suis là et je reste près de toi, ne sois pas inquiète, tu vois, j'ai allumé le four.