mercredi 30 juillet 2008

Je rentre !

Il faut charger la charrette et s’en remplir la brouette, je m’en vais !
Rassembler les chansonnettes, les comptines et les sornettes, je m’en vais !
Il faut recompter les plumes, réajuster mon enclume, je m’en vais !
J’emporte le chalumeau, l’écharpe en poil de chameau, je me taille…

Vaille que vaille, le vent mouillé dans mes cheveux allégés lèchera mon museau
Maille que maille, la laine molle sur mes épaules réchauffera mon dos
Je n’ai plus vingt ans et ma barque a vogué dans d’autres caniveaux
J’ai encore du sang chaud pour irriguer ma tête et colorer ma peau

Il faudra sur l’autoroute et tout droit et sans un doute, filer !
La stoppeuse bien chargée, d’un baiser récompensé, déposer
Guidé par les goélands et d’un air nonchalant, compassé
Mine de rire retrouver le chemin et faire surtout surtout !

Comme si je n’étais pas un stupide touriste, un voyageur de rien
Me départir absolument de tout air parisien
Faire celui qui, un peu las de son voyage au loin
Rentre dans sa maison, faire ce bon feu crépitant à son chien

Je n’arrive pas ! Je rentre ! Tenez-vous le pour dit !
Ayez l’âme confiante c’est le retour au pays…

lundi 28 juillet 2008

Matin

Les ponts passent sur la rivière,
La langue roule son mystère
Le cheval passe la barrière
La barque glisse et dentelière
La rame rythme singulière

Et flic, et flac et glisse l’onde réverbère
Sur la rive de mon sourire, s’ébroue ta crinière
Jument douce qui chavire dans la verte lumière
L’aube attise ton désir, en fait une prière
Je viens à l’eau, au chemin, au moulin
A la maison cachée sous la sève, sous la rosée
Aux herbes mouillées, au rire de ta main
Au sel et au beurre sur la tranche de pain

J’attends ta cérémonie, petit déjeuner
Ta cérémonie légère et parfumée
Au café, au miaulement, tintinnabulement
De la cuillère sur le bol blanc,
Du fer sur la faïence de l’enfance
Et du coton doux du silence
J’ai ma patience
Et mes souvenirs devant