jeudi 17 juillet 2008

rendez - vous

Je ne savais plus que l'on pouvait à l'émotion d'un rendez vous avec un nouveau pays avoir autant de sensations intimes et amoureuses.

mercredi 16 juillet 2008

attente

Bientôt dans pas longtemps bientôt disait quelque part Obaldia, nous partirons... disait celui qui se levait à l'heure où blanchit la campagne.
Les malles, les cartons, les valises, le camion, la route.
Mais encore ; les lettres, les factures, les cartes, les papiers.
Accumulation.
Tiroirs infinis de la mémoire.
Comment un tiroir aussi petit peut-il contenir autant de vies ?
Si je tire le fil par la carte postale tout s'enchaine.
Et m'enchaine.
Prénom perdu. Qui était ce ? Et cette lettre enflammée, pas signée.
Ou bien, cette admonestation, ce poème, cet insigne, cette photographie.
Que faut-il emporter avec soi ? Que faut-il laisser ?
Les décorations, les médailles.
Les factures, ce vieux pull aux larges mailles.
Il faut si peu de choses aux braises de la mémoire. Juste un peu de feu son enfance.
Dans un enregistrement soudain, on entend l'aboiement de Prisca. Et peut- être, juste avant, la voix assourdie de Dominique, inaudible, haute et fraiche à la fois.
Il faudrait avoir le courage de tout abandonner derrière soi, savoir arriver dans la ville avec juste un peu de linge, un cahier, un livre.
Ce bonheur comme un risque : jeter, oser jeter.
Mais il resterait toujours ce fleuve intérieur et la marée.
Marée montante, marée descendante.
J'emporte avec moi ma mère et mes amoures et la Durance et ses galets, et la primaire de Pontoise et le collège provençal, le Verdon et le Canal Saint-Martin.
J'emporte tout cela et plus encore, ce que je retrouverai de moi à la prochaine escale. Et toutes les maisons où j'ai vécu...
Puisque ce sera la dix-septième...
On n'est pas sérieux quand on a dix-sept ans... mais quand on a dix-sept maisons, on se comprend hautement passager et tellement provisoire...

mardi 15 juillet 2008

impatience

J'entends déjà comme des sentinelles, les veilleurs de mots : les poètes.
Max, Angèle, Georges...
Et tous ceux qui passèrent.
Peut-être, apprendrais-je mieux les mots simples et lisses, galets parfaits, roulés sous la langue avide de l'Océan.
Il faudra. Mes yeux dans les paysages de la mer pour comprendre les peintres de la mer.
Il faudra. Mon regard vers les travailleurs de la mer pour comprendre le filet, l'étau du sel et l'immensité du Monde.
Vous écouter. Sous l'aile vaste de l'humanité, se poser au bord du Monde.
Il faudra que j'apprenne à ciseler.
Entre la souffrance humaine et la vaste beauté du Monde.
Une aimante patience et une soif.
L'admiration et ce bonheur de découvrir et de sentir, juste ici, l'aventure.
Les écrivains de la mer, les marins, les voyageurs.
C'est là où finit la terre que je commence à devenir explorateur.
Territoire exotique et étrangement familier.
Il y a longtemps que je te cherchais.