samedi 12 juillet 2008

arrivée

Estourbi par le voyage, c’est à pied depuis la Tourbie que je suis descendu le long des Douves et jusqu’à St Corentin, puis vers la rue du Chapeau Rouge j’ai humé l’eau du Steir paisible ce soir là. C’était en Juillet, je n’oublierai pas comment la Ville m’a pris doucement dans ses bras. A la fois discrète et chaleureuse. Perdu seul, au coin de la rue Saint- François et Kereon, assis par terre, un gars chantait sur sa guitare. Il était déjà tard. Scrupuleusement mais avec sa conviction douce. Plus loin, au balcon, deux dames assises devisaient dans la fraicheur du soir. Les maisons sentaient déjà le beurre salé. Tout était empli de la mémoire. Des hommes sont partis, d’autres sont revenus. Il est des villes qui se disent mine de rien. Qui vous laissent venir à vous, sans trop de bavardage, mais qui vous reconnaissent. Tu savais avant moi Quimper que c’est chez toi que je poserai mes valises et mes livres. Tu savais, digne et gracieuse, comme une gente Dame de province qui ne s’en laisse pas compter. Ordonnée et sensible aux arts. Soucieuse de ta mise, de tes vieux et de tes enfants. Spirituelle et voyageuse. Généreuse et pudique. Ton cœur, la Ville, a les mains douces.
Les rives de l’Odet sont promesse et sagesse. Il faudra te mériter la Ville, dans cet ailleurs, dans ce détour, dans cet autrement. Je viens, j’arrive. Nous allons tranquillement nous apprendre l’un à l’autre.

mercredi 9 juillet 2008

Départ

Mets donc ta robe nous partons
N’oublions pas le violon
Nous partons !
Pour le pays de Max Jacob
Oui mets ta si jolie robe
Dans la maison d’Angèle Vannier
Nous partirons les yeux fermés
Ne te casse pas la figure
Dans l’escalier
S’il te plaît

C’est là que nous nous poserons
Pour respirer,
Les délicats hortensias, parfumés
Et je ferai devant la porte
Pousser de très rouges pivoines
Chaque matin tu t’en viendras
Pour t’y laver le visage et admirer le paysage
Je te réserve un peu d’avoine
Et du blé de sarrasin
Nous descendrons la rivière
Au confluent de Quimper
Ma belle Odette sur l’Odet
Je te vois soudain familière

Nous ne comprendrons pas toujours
Le chant des vieux marins autour
Mais nous serons dans la lumière
Mouillés de joie et de mystère

La cathédrale fait sa dentelle
Je t’ai perdue par la venelle
Un cormoran à la fenêtre
Respire, te voici inquiète
Mais la ville n’est pas si grande
Elle est peuplée de tant de siècles
Qu’elle protège sur la grande place
Les filles qui passent avec grâce

Soudain voici que l’aventure
Souffle son vent dans ma voilure
Oui nous descendrons vers la mer
Dans la douce baie couturière
Qui fait au marin imprudent
Des échancrures sous le vent
Mais dicte sa foi singulière

[Vincent Breton - droits réservés]