mardi 6 septembre 2011

libre

Attiré par les poires
A largué les amarres
Et franchi la barrière
Cheval, gourmand
De fière allure
La belle allure fière !
L'effronté tout riant
Riant dans l'herbe folle
Agite sa crinière
Ainsi la liberté
Est une gourmandise
Les autres sont restés
Crainte ou timidité
Et la poire promise
A fondu dans la bouche
De l'évadé joyeux...
Las le propriétaire
Étalant sa colère
A râlé dans les champs,
Signifiant à la bête
Que de la liberté était finie le temps
Cheval puni, cheval meurtri
Il faut courber la tête
Et tes amis contrits
Mâchonnent silencieux la morose herbe verte
Un peu honteux, un peu amers,
Tête basse, cœur à l'envers
Et toi cheval, gourmand en vérité
A quoi donc penses-tu puisque tu as goûté
A la poire, à la juteuse liberté ?
A la poire, à la seule liberté.

mardi 9 août 2011

Adieu l'Angèle !

Fermer la porte, quitter la maison,
Replier sagement le paillasson
Laisser l'Océan, les oiseaux
Les histoires de plage et de rochers
La ville sérieuse des bretons replets
Tout ce qui sera bientôt dans la malle à souvenirs
Et tout ce qui saura se faire oublier
Pas les amis de Bannalec
Pas les sourires
Ni ton premier baiser...
Et puis laisser,
La Steir pour le Buech
Le biniou pour le galoubet
C'était beau, nous aimions les dunes, les tempêtes
Un peu moins l'orgueil, les regard en dessous

Mais nous rentrons chez nous, sans rancune, ni amertume,
Sans tristesse mais pas sans affections,
Nous rentrons à la maison !
Dans la vallée du ciel ouvert
Au pays des mille dimensions
Côté soleil, côté montagne
Côté calcaire, côté torrent
Nous rentrons chez nous vous dis-je
Angèle, ne pleurez pas, restez cousine de la mémoire
Nous rentrons chez nous
Ne soyez pas surpris
Nous vous l'avions dit
Fermée, la porte est fermée
Nous sommes déjà sur la route
Avec les livres dans la soute
Et déjà, sans l'ombre d'un doute
Le grand jardin et ses étoiles
Nous vous écrirons demain
Ici, c'est fermé,
Viendrez vous rue des Pommiers ?





dimanche 13 mars 2011

D'amoureuse solidarité

La colombe au saule boit l'onde du soleil
Le magnolia dresse ses calices pourpres
Le torrent roule ses eaux calmes
Et cela n'est pas banal
Tu dors dans la chambre
Dehors des oiseaux chantent
En cela rien de banal...

Bientôt,
D'amoureuse solidarité,
Un pacte de tes lèvres aux miennes
Le pacte
de Moi à Moi
de Toi à Toi
de Toi à Moi
de Moi à Toi
Plus qu'un peu d'encre au bas d'une page
La douce rassurance
Fabrique de la paix
Au carburant tendre d'amour

Où nous serons
Ici sera la maison de notre destinée

Et d'Orient en Occident
De Bretagne en Provence
De cri en confidence
Les hélices de la félicité ronronneront toujours
Tant que ton sourire cherchera le mien
Que nos jambes se mélangeront
Et nos parfums

Toi au jardin,
Moi dans les mots

Alliés, reliés...
Intenses
Nous marcherons ensemble dans cette histoire étonnante
Force et fragilité
Sagesse et sagacité
Improvisation et rire
Notre Duo
La surprise faite au siècle
La fête quotidienne

Pionniers d'un voyage nouveau
Nous voici, coeur battant, sur le qui - vive du départ...

Et ils nous regardent

mercredi 9 février 2011

Sous fifre

Sous - fifre dans la palanquée
Laquais claquemuré dans les dorures
Les cocktails mondains me désabusent
Les mandibules des légionnaires
Tintinnabulent dans le vestiaire fort peu
Révolutionnaire
Chacun a sa breloque
son goupillon
son œil de verre
sa croix de guerre,
Les thuriféraires jamais ne sanglotent que pour un peu d'onction
de componction
le fond d'un verre,
Caporal à la cape râpeuse
Saurais-je m'échapper de ma sombre vareuse
Et vers l'avant-scène océane
Ou le plateau nu des cigales
M'enfuir et me sauver ?
Ô bel amour !
Pourvu que ma joie demeure,
A tes mains
Ils sont vieillards pour l'heure
Et suintent dans les salons
Leurs dentiers cliquètent au crustacé décapode
Nous sommes à leur antipode
Petit Sous-fifre, fifrelin désargenté, orphelins du siècle ?
Peut-être !
Mais
Amoureux
Et ton sel salvateur
Lucide
Me libère
En février déjà palpite ton cœur aux prémisses printanières

jeudi 13 janvier 2011

l'ordre

L’ordre alphabétique des choses
L’ordre hiératique des roses
L’ordre insulaire de mon âme

L’ordre vertigineux de la page
L’ordre singulier du syntagme
L’ordre supérieur de l’infâme

L’ordre infini des étoiles
L’ordre fini de la table
L’ordre épuisant du contrordre

L’ordre égalitaire du ciseau
L’ordre aligné des tombeaux
L’ordre mortel du fourneau

L’ordre contraint du fourreau
L’ordre imbécile du troupeau
L’ordre épuisant du salaud

L’ordre cinglant du soleil
L’ordre criant du berceau
L’ordre nouveau en morceaux

L’ordre du mode d’emploi
L’ordre qu’on ne reçoit pas
L’ordre sur l’étagère des draps

L’ordre de l’ordonnance
L’ordre du Monde qui avance
L’ordre du sang dans mes tempes

L’ordre de tes lèvres sous mes doigts
L’ordre de ma bouche sous ta langue
L’ordre du désordre amoureux

Il n’y a pas d’ordre qui vaille, car le désordre reviendra
Ma liberté fait semailles des interdits que tu semas…

dimanche 26 décembre 2010

l'hiver a faim

Mes mains sentent bon la clémentine
Aux joues rouges de Célia
L'herbe est blanche dans le pré
Et je m'endors déjà
La tête dans le pré du tapis
Au pied de la cheminée
Sous l'oeil compatissant de Bouddha

sur ta bouche

les craquelures du givre font des vertiges

vendredi 24 décembre 2010

Noêl

À Noël je suis les orphelins de Dickens
Ruelle sombre de Londres
Pauvre vieille assise dedans son escalier
Clochard sur son parking
Vieux chien déguenillé

Buche au beurre de chocolat
Laisse-moi dormir dans tes bras !
Gavroche, tu sens bon le tabac
Et ton rire résonne agile dans le froid
Je t’aime tu vois !
Cisèle ta pipe à mon couteau
À Noël, le feu craquèle chez Monsieur Hugo

Une odeur de marron brûlé frotte à mon nez qui pique
Les chaussons alignés dorment et la graisse d’oie frissonne
À la tête d’une pléiade de cousins, j’allais enturbanné de mon rôle d’aîné
Conteur très orphelin d’aventures épiques
Dans la grande chambre dormaient mille enfants
Je n’y dormais jamais vraiment ou que d’un œil, le cœur battant
Mais j’étais vraiment orphelin dans le sommeil ivre de ma mère
Noël sentait le camphre, l’orange cloutée de girofle, la rose verte d’hiver

Mamie debout dans son immense chemise de nuit, cheveu défait, sans sa poupée
La petite fille devenue grand-mère
Restait en retrait, papillotes défaites, papier coloré, arraché, blagues idiotes, piano claudiquant
Et le Monde entier mourait dans la guirlande clignotante

Enfance tuée à coups de récompenses

À Noël je suis les cousins échappés
Dans la grande sente où cavalent les chiens
Je fonce dans la nuit, un roman à la main
Solstice où le jour s’ajuste à la nuit envahissante
Sauras-tu parler de mon enfance vagissante
À Noël, j’étais orphelin dans les chansons sinistres
Mais j’étais déjà libre et je t’aimais dans ton demain
Gavroche à la fleur douce, ta bouche me sauve
Ton cœur d’oiseau palpite et me métamorphose